23 février 2025
Goldmund Quartett
Cordes
Goldmund Quartett © Nikolaj Lund
Biographie
Florian Schötz - violon
Pinchas Adt - violon
Christopher Vandory - alto
Raphael Paratore - violoncelle
Basé en Allemagne, le Goldmund Quartett connaît depuis quelques années un essor flamboyant, loué internationalement pour son « jeu exquis » et son « homogénéité complexe » (Süddeutsche Zeitung). Après avoir remporté en 2018 l’International Wigmore Hall String Competition et la Melbourne International Chamber Music Competition, le quatuor à cordes est sélectionné parmi les Étoiles montantes de la saison 2019-2020 de l’European Concert Hall Organisation. Depuis 2019, les musiciens du quatuor bénéficient de violons Stradivarius offerts par la Nippon Music Foundation.
L’année 2023 a été faste en enregistrements remarquables pour le Goldmund Quartett. Après l’album Travel Diaries, lancé en 2020 et comprenant des œuvres de compositrices et compositeurs contemporains dont la Montréalaise Ana Sokolović, le quatuor lance successivement deux albums : Enigma, consacré aux œuvres de Pärt, Glass et Helmersson, en plus de deux commandes adressées à Pascal Schumacher et Sophia Jani, et l’album The Death and the Maiden, entièrement dédié aux œuvres de Schubert.
La saison 2023-2024 du Goldmund Quartett se caractérise par des concerts inauguraux au festival I Suoni delle Dolomiti, aux Settimane Musicali di Ascona et au Festival Viotti à Vercelli, en Italie. L’ensemble fait également cette année son retour au Concertgebouw d’Amsterdam, à l’Opéra de Tokyo, à la série Hörtnagel à Munich, à la Haus der Musik d’Innsbruck et au Festival Schwetzingen. 2e concert au LMMC.
https://www.goldmundquartet.com/
Notes
Le Quatuor à cordes en fa majeur, op. 77, no 2, constitue l’ultime œuvre de Haydn pour cette formation instrumentale, qu’il dédie au prince Lobkowitz. On y constate toute la maîtrise du genre acquise par le compositeur, qui s’imposera comme modèle à suivre pour celles et ceux qui lui succéderont. Le premier mouvement se démarque par son aspect grandiose, soutenu par un thème principal ample et élégant, et des expérimentations tonales typiques du style haydnien. Le menuet, d’habitude réservé aux troisièmes mouvements, est rapporté dans le deuxième mouvement. Son caractère loufoque est accentué par l’alternance entre des rythmes binaires et ternaires. Le troisième mouvement s’amorce comme un duo entre le violon et le violoncelle en ré majeur, alors que le mouvement précédent avait introduit un trio en ré bémol majeur. Le Finale reprend quant à lui l’alternance rythmique du deuxième mouvement dans une atmosphère enjouée qui évoque des danses slaves.
Le Quatuor à cordes no 1 en fa majeur, op. 18, marque la première incursion de Beethoven dans le genre de la musique de chambre, reprenant ainsi le flambeau de Haydn et de Mozart. Si l’écriture du jeune Ludwig témoigne du travail d’immersion par lequel il s’est frotté à l’œuvre de ses prédécesseurs, sa plume singulière est déjà bien manifeste. Le premier mouvement s’ouvre sur une courte formule interrogative, jouée à l’octave par tous les instruments, annonciatrice de son caractère espiègle et dansant. Le deuxième mouvement, qui aurait été inspiré par la scène de la crypte dans Roméo et Juliette de Shakespeare, se présente comme un duo amoureux passionné entre le violon et le violoncelle, mouvant par sa rythmique en 9/8 et son abondant chromatisme. Le contraste est indéniable avec le troisième mouvement, comique et tonitruant, prémonitoire de la fonction que Beethoven prendra l’habitude de donner au scherzo. Le dernier mouvement donne enfin une assise plus ferme. Il constitue la seule partie de l’œuvre écrite en métrique binaire, juxtaposant habilement les motifs et combinant les envolées mélodiques en croches et en triolets.
Le Quatuor à cordes no 1 en sol mineur, op. 27, d’Edvard Grieg, est considéré à bien des égards comme une œuvre phare marquant la transition entre Beethoven et Debussy. Par son caractère cyclique, elle témoigne d’une nouvelle méthode : Grieg la conçoit à partir de son lied intitulé Spillemaend (« Ménestrel »), op. 25, dont le thème principal parcourt l’entièreté du quatuor. L’opus 27 se distingue par sa texture d’inspiration orchestrale obtenue notamment par l’utilisation des doubles cordes à forte intensité sur plusieurs instruments à la fois, ainsi que par l’influence folklorique norvégienne. Le poème d’Ibsen qui a inspiré le lied de Grieg, puis ce quatuor, porte en effet sur le Hulder, un esprit des eaux scandinave qui, en échange des idées musicales qu’il offre aux musiciens, leur extorque leur bonheur.
Catherine Harrison-Boisvert
Programme
HAYDN Quatuor en fa majeur,
(1732-1809) op. 77, no 2 (1799)
BEETHOVEN Quatuor en fa majeur,
(1770-1827) op. 18, no 1 (1799)
GRIEG Quatuor no 1 en sol mineur,
(1843-1907) op. 27 (1877-78)
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